L’imprimé est mort. Vive l’imprimé ?

Dans cette ère du numérique et de l’instantané, l’insertion d’un message publicitaire entre deux pages d’un journal ou d’un magazine est-elle toujours pertinente pour un annonceur ? Court portrait d’un médium en pleine mutation.

Raconter une histoire
Le « print » comme visuel moteur, c’est LE concept pur et dur. Car si la grande idée tient la route en imprimé, elle tient la route pour le reste. C’est la force de l’image et des mots au service de la publicité. Arriver à raconter une histoire dans une seule proposition. C’est d’ailleurs ce qui est souvent présenté aux clients, même s’il n’y aura pas de « print » à proprement dit dans la campagne. Ça donne un aperçu du concept, s’il est viable ou pas. Par la suite, on le décline dans les différents canaux.

Ce fameux visuel moteur permet aussi d’avoir de l’impact et de concentrer notre message. En imprimé, on peut raconter une histoire et être conceptuel, car on obtient davantage d’attention de la part du spectateur, ou à tout le moins un intérêt un peu plus long que sur le Web. Au niveau de l’accroche narrative (storytelling), le récit est plus détaillé, et on peut y plonger. Un dialogue s’installe avec le lecteur. Il y a connivence.

Un moment privilégié
Dans un monde où tout va vite, où le temps ne nous appartient plus, les petits moments que l’on s’accorde prennent toute leur importance. L’imprimé permet de s’insérer dans ces instants choisis où l’on s’accorde du temps pour soi. Lire son journal papier le samedi matin, s’asseoir avec un café et feuilleter un magazine que l’on attendait avec impatience, etc. Lorsqu’ils consomment de l’imprimé, les gens sont souvent posés, prédisposés et mentalement présents. La lecture fait alors partie du rituel. Et c’est le moment idéal pour une marque d’entrer dans ce rituel et d’en faire partie.

C’est aussi une expérience sensorielle. On vit le message en face à face, et pas à travers un écran. La matière est importante. On tourne les pages, on sent sous nos doigts le type de papier, la glaçure, les reliefs. On est séduit par les couleurs. Tout ceci a un effet sur notre lecture et sur notre appréciation du message.

On l’adopte ou on le recycle ?
Quel constat tirer de ce portrait ? L’imprimé est-il une espèce en voie d’extinction ou simplement devenu un objet plus rare, de prestige ? Il y a peut-être moins de revues et de publications qu’avant, mais elles sont de meilleure qualité. C’est un objet de collection. Le message évolue, le médium aussi. Et ça vaut la peine de le suivre dans cette évolution.

Vie de cartier