La complexité des plateaux de tournage

Travailler avec des enfants de 3 ans, ce n’est pas facile. Et ce l’est encore moins en pandémie. Durant le tournage de notre plus récente campagne pour le ministère de la Famille, notre équipe a dû se pencher sur de nombreuses contraintes et rapidement trouver des solutions.

Mariève Blanchette-Guertin, conceptrice-rédactrice, nous présente quelques constats tirés de son expérience.

Q : Comment le casting s’est-il déroulé ?
Pour cette campagne, il y avait beaucoup de contraintes en matière de casting. On cherchait des gens de la même famille afin de préserver une seule bulle. On ne doit pas oublier qu’ils devaient savoir chanter de manière assez harmonieuse, en plus d’avoir une belle chimie de groupe. Sans compter qu’on souhaitait activement inclure de la diversité au casting.

Q : À quoi ressemblait le niveau de difficulté de travailler avec des enfants ?
Pour des raisons propres à notre client et à son champ d’expertise, on devait s’assurer que l’enfant n’avait pas l’air plus vieux que 3 ans et demi. Mais laissez-moi vous dire qu’entre 3 ans et demi et 4 ans, il y a une grosse différence chez l’enfant. L’écoute et la patience changent tout.

Pour éviter qu’ils ne s’épuisent ou qu’ils ne perdent intérêt, on devait travailler très rapidement. Le premier jour, on avait deux familles avec qui on a tourné les scènes afin de parer à la possibilité qu’une fois le jour 2 arrivé, une fillette ne veuille plus rien savoir. Dans la publicité, il faut que les parents et l’enfant ou l’éducatrice et l’enfant chantent en même temps. Mais l’enfant ne veut que très rarement. Il faut s’adapter, changer son plan et ajuster les processus. On a dû être inventifs et trouver des moyens de les stimuler, et ce, même après des dizaines de prises. La solution ? Ses parents lui faisaient miroiter des bonbons et notre réalisatrice a dû jouer à l’animatrice de camp de jour. Finalement, elle a été super bonne.

Heureusement, le concept de la publicité se mariait bien avec une certaine imperfection. On souhaitait que la scène soit réaliste. Autant la valse du plan séquence servait notre concept, autant, d’un point de vue technique, elle faisait en sorte qu’on pouvait également se permettre des imperfections.

Q : Et les conséquences techniques liées aux mesures de distanciation sociale dans tout ça ?
Avec la distanciation sociale, notre équipe sur place est évidemment réduite au minimum. Les collègues et les clients sont donc à distance et nous posent simultanément des questions en ligne, sur plusieurs canaux différents, ce qui rend la communication plus difficile et moins naturelle. Habituellement, on regarde tous ensemble chaque plan pour ensuite s’échanger nos commentaires. Tout se fait plus vite, la chorégraphie fonctionne très bien. La réalité d’aujourd’hui rend la concentration difficile, puisqu’on répond à des questions en même temps qu’on observe les plans.

Aussi, les mesures sanitaires empêchaient l’éducatrice de chanter sans masque à proximité de l’enfant. On a ainsi dû repenser la séquence au complet en amont. D’ailleurs, la réalisatrice a été exceptionnelle pour faire en sorte que tout soit beau, intéressant et « COVID-proof ».

Q : Si tu avais à résumer ton expérience, que dirais-tu ?
Chaque étape a engendré son lot d’adaptation, mais on est très contents et fiers du résultat final. Vous pouvez visualiser la campagne ici.

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